Blablasphère

Les brulures de l'âme

Hier, j'ai reparlé de ma première histoire d'amour... c'était à une dame qui pourrait être ma mère, mais elle n'avait pas son regard, juste sa présence.

Hier quand j'ai commencé, j'avais le cœur lourd d'un précieux secret, la gorge nouée de remords et de regrets et aussi beaucoup de colère dans la bouche... contre moi, contre lui, contre nous.

Je lui ai dit: il s'appelait Matthieu S., j'avais 19 ans et lui 1 ou 2 ans de plus que moi.

"C'était un coup de foudre..."

Je lui ai raconté la folie, les cœurs qui s'embrasent, les courses poursuites, les déconfitures, les attentes, les tu es à moi mais je ne t'appartiens pas, les pertes de vues et les retrouvailles, les doutes, les moments intenses, les brulures de l'âme, les jeux d'enfants, les douleurs d'adultes.

"C'était un coup de foudre... j'étais prête à tout pour lui..."

Elle m'a demandé de lui raconter cet instant où l'on sait que c'est lui. Je l'ai revu, assis par terre, se retournant vers moi et cette aura qui l'entourait, la chaleur de son sourire, la douceur de son regard et dans mon souvenir, il n'y avait plus que lui. Lui, lui, lui... sa peau, ses yeux, ses mains... obsédantes, envoutantes, cette odeur que l'on cherche partout, se retourner dans la rue quand un homme passe à vos côté et que vous avez senti son parfum, le même que... se sentir fondre. Sa voix et les jambes qui flanchent, la mienne qui tremble...

"C'était un coup de foudre... j'étais prête à tout pour lui... jusqu'à m'oublier... "

Elle me remercie, de lui avoir fait partager cette histoire... Elle me dit que quand j'ai commencé à lui en parler, elle ne pensait pas que tout ça avait été aussi fort, aussi beau, elle dit qu'elle ne veut pas pour l'instant entendre les maux, même si elle les voit, que peu de gens ont eu la chance de connaître ça, de savoir ce que c'est que d'avoir quelqu'un dans la peau jusqu'à l'oubli de soi-même. Je lui dis: "je voudrai m'affranchir de lui", ne plus chercher dans chacun des hommes que je rencontre l'absolu de son regard, être capable de m'abandonner sans m'oublier...

Elle dit qu'il faut aller doucement, qu'elle me voit blessée après tant d'années, elle le comprend et me tend la main pour panser les larmes qui coulent encore.

J'ai refermé la porte de chez elle, le cœur chargé d'un trésor qui me consume toujours...

 

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